dimanche, 14 janvier 1917

Grèves dans les usines de guerre

La prolongation de la guerre et les difficultés, en particulier d’approvisionnement, qu’elle provoque ont raison de l’Union sacrée.

 

Pour la première fois depuis 1914 des ouvrières se sont mises en grève à Paris, le 8 janvier. Le mouvement s’étend depuis quelques jours aux usines travaillant pour la Défense nationale.

 

Les journaux locaux, muets jusqu’alors, plutôt que de présenter les revendications des grévistes entonnent l’air de la trahison.

 

Sous le titre « Les grèves dans les usines de guerre » Le Phare écrit:

« Oui, en pleine guerre, quand chaque minute de travail dans les usines peut sauver un de nos vaillants soldats qui se trouvent dans les tranchées, il y a des ouvrières et des ouvriers, hélas ! par milliers pour se mettre en grève… Je ne songe pas à récriminer, seulement ils sont très coupables ».

 

Et après avoir condamné les ouvriers qui à l’abri du danger « gagnent des sommes élevées » et les « patrons rapaces » le journaliste conclut :

« Il nous faut des munitions et si ceux qui ont été rappelés du front pour les fabriquer se refusent à travailler, qu’on les renvoie au plus vite dans les tranchées et qu’on les remplace ».