jeudi, 1 août 1918

Ecoliers par temps de guerre

Dans son rapport annuel daté de ce jour, le directeur de l’école de garçons de la rue Evariste Luminais livre quelques réflexions à propos du comportement de ses élèves :

 

« La conduite de nos élèves est bonne dans son ensemble. Nous n’avons pas rencontré parmi eux de ces fortes têtes qui font la désolation des maîtres.

A part le bavardage, qui est, il faut bien le reconnaître, un défaut naturel de notre race, la discipline a été bonne.

Que ne puis-je en dire autant du travail personnel ? Peu ou point d’effort ; telle est la note dominante. Et la même cause que je proclamais l’année dernière est bien encore la même : faiblesse des mères.

L’élève de 10 à 13 ans n’étudie plus les leçons à la maison. Il nous faut, tous les jours, en classe, prendre sur notre horaire, pour donner à nos écoliers le temps de repasser des leçons qu’ils devraient savoir le matin, en arrivant à l’école.

Il y a même inertie en classe : l’attention pèse, les leçons les plus intéressantes sont écoutées de façon distraite : il y a là un état pathologique général qui autrefois n’était qu’exception. Faut-il l’attribuer aux circonstances ? »