mercredi, 21 juillet 1915

Les embusqués

Ainsi les soldats du front désignent-ils les militaires qui occupent un emploi sans danger à l’arrière.

 

Le Nantais Maurice Digo, en transit vers le front, à Gray (au N-E de Dijon), en fait une description dans ses Carnets, ce jour :

 

« A 5 heures ce matin, arrivée à Gray, gare régulatrice. Malgré les consignes, le détachement s’égaille dans la ville… De rares civils disparaissent derrière la masse des soldats. Embusqués de toutes armes en tenue de fantaisie se pavanant avec des poules. On croise à chaque pas de magnifiques officiers galonnés jusqu’au coude, quelques camarades les narguent, mais ils n’osent exiger le salut de ces galeux de passage dont le train du soir débarrassera le pays. Départ le soir à 4 heures. »