jeudi, 13 juillet 1916

Les distributions de prix au Lycée de Garçons

La traditionnelle cérémonie de fin d’année s’est déroulée le jeudi 13 juillet au Théâtre Graslin, en présence de Jean Barou, proviseur, du général Ruffey, commandant en chef le 11e corps, de M. Bellamy, maire, de l’inspecteur d’Académie, du préfet….

Le discours d’usage a été prononcé par M. Legras, ancien professeur au Lycée de Lille. Réfugié à Nantes, où il a retrouvé du travail au Grand Lycée, il consacre son propos à la situation de son ancienne ville, tombée sous le joug allemand.

Selon le journaliste du Populaire : « L’orateur nous dit, avec une émotion qu’il sait faire partager à son auditoire, toutes les vexations infligées à la population qui dut se soumettre à un véritable régime d’oppression et de tyrannie ».

 

Le Populaire relate ensuite l’intervention de Jean Barou : « M. le proviseur aurait voulu donner la liste des anciens élèves du Lycée morts au champ d’honneur, mais cela lui est encore interdit cette année. « A ces héros, ajoute l’orateur, il faut une autre place que celle d’une énumération ; il leur faut un monument et je sais que ceux qui s’intéressent si vivement à notre vieux Lycée, y songent beaucoup. » M. Jean Barou a proclamé l’héroïsme de ceux des anciens élèves qui ont trouvé une fin glorieuse, face à l’ennemi. « Ils méritent tous, a dit en terminant l’orateur en s’adressant aux élèves, que vous leur conserviez un pieux souvenir comme une même admiration ».

 

Le monument aux morts du lycée, souhaité par Jean Barou, sera inauguré en 1922, et, on le sait, en présence de Clemenceau.